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Assises - 2è partie - sur le métier et les outils

Suite de notre compte rendu (partiel et partial!). Ici, les ateliers qui traitent de l'exercice du métier.

Publié par ProfCre, le Lundi 20 Juin 2005, 07:56.

dans : Actus Réseaux.

 On a regroupé ci dessous les ateliers centrés sur « l’exercice du métier » d’accompagnateur. Professionnalisation, évaluation des réseaux, intrapreneuriat pour certains, couveuses pour d’autres ; puis le suivi des entrepreneurs. Un seul métier ; des modes d’intervention très différents.

 (Attention : nous n’avons pas suivi systématiquement les ateliers ! donc ne vous étonnez pas de la brièveté de certains compte rendus)

 Professionnalisation des accompagnateurs : une des conditions de la reconnaissance du métier (en deux parties et deux ateliers : 3 et 18 )

 Existe-t-il un « métier » de conseiller en création d’entreprise ? et est-il reconnu ? Quels sont les profils des collaborateurs, où et comment les recrute-t-on ? Comment est évalué leur travail ? Quelle est la politique d’évolution de carrière dans les réseaux ?

 Les enjeux actuels de la professionnalisation au sein des réseaux méritaient bien, tellement les enjeux sont d’actualité, les deux ateliers consacrés au sujet. Le premier plutôt orienté évaluation ; le second traitant plutôt des questions de personnel.

 L’un enchainant l’autre, voici un très bref compte rendu, en insistant sur les raisonnements sous-jacents.

 1 – le constat : les Régions mettent les réseaux « sous pression ». Donc ils sont amenés à faire des progrès à la fois dans la qualité des prestations et dans la productivité qu’ils montrent. Car –qu’on l’accepte ou non- le critère de base sur lequel ils sont jugés est le nombre de créations (donc d’emplois) « faits » dans l’année. C’est très réducteur ; c’est même assez insuffisant vis à vis de la qualité des prestations. Mais il est tellement difficile d’introduire des critères de qualité dans l’évaluation !

 Cette pression des donneurs d’ordre a pour effet de conduire les réseaux à « inventer » leur propre profession, qui existait peu ; donc les métiers qui la constituent. Puis apparaissent quelques divergences, ou du moins des nuances. Elles sont passionnantes à observer, dans la mesure ou elles reflètent une hiérarchie des objectis qui n’est pas toujours très claire. Pour les uns, création = création d’emplois. Pour les autres (notamment dans les domaines liés à l’innovation), la création d’emploi est une résultante : l’enjeu, c’est de mettre sur le marché des projets ambitieux et qui vont trouver leur place.

 2 – la coordination inter-réseaux doit faciliter les « trajectoires » des porteurs de projet. C’est un élément important du métier, dit un intervenant : « nous devons admettre que nous ne savons pas tout faire, et donc renvoyer des porteurs de projet qui ont des demandes spécifiques vers nos collègues : ceux d’entre eux qui sont capables de répondre à la question de façon plus pertinente ». Bel aveu et attitude pragmatique. C’est bien l’un des contenus de la professionnalisation que d’admettre que les uns et les autres doivent se compléter et se cooronner. On retrouvera ce thème plus loin, quand il s’agira, dans l’atelier de Jean-Pierre Worms, de décrire comment les réseaux sont capables de présenter collectivement leurs savoir faires et leurs objectifs à leurs régions respectives.

 3 – les techniques de GRH font partie du management des réseaux. On a parlé sans complexes de management des ressources humaines, en insistant sur deux aspects :

 - accueillir et accompagner, « c’est beaucoup plus du savoir être que du savoir faire », insiste la représentante des Boutiques de gestion. Donc il n’y a pas de diplômes requis pour exercer ce métier ; en revanche les évaluations sont désormais systématiques, qui portent sur les personnes (les résultats, les entretiens de fin d’année, les objectifs annuels…) ; et qui portent aussi sur le management : la procédure de labellisation (BG et FIR, notamment) comprend l’intervention d’auditeurs externes qui viennent mesurer les écarts entre les « règles du réseau » et ce que fait concrètement telle Boutique ou telle plate forme.

 C’est vrai aussi pour les Consulaires : le réseau CCI – entreprendre en France a défini une politique qualité, à laquelle adhèrent désormais la majorité des CCI.

 - Quelles carrières au sein des réseaux ? la réponse est curieusement unanime : que l’on exerce les métiers de l’accueil / accompagnement dans une CCI ou dans une BG, « le râteau est très plat ! », dit l’une. On a peu de chances de « grimper dans la hiérarchie ». D’ou le turn over, qui est important. « Important ? cela dépend du point de vue. Il est de l’ordre de 15% à l’Adie », précise Laure Coussirat- Couster. C’est plutôt une question d’adéquation, ajoutent d’autres intervenants : continuer longtemps à exercer le même métier engendre un risque d’ennui…

 La question, mais elle n’est pas abordée explicitement, est aussi celle des salaires et celle des structures. On ne peut pas réellement parler de carrières au sein d’un réseau, dans la mesure ou ses effectifs salariés sont de l’ordre de quelques centaines de postes ! En revanche « au niveau d’une région, on peut parler de concurrence par les prix, dans la mesure ou certains réseaux payent mieux que d’autres », décrivait un intervenant après l’atelier. C’est une sorte de concurrence « déloyale » ; on apprend chez les uns, pui on se fait mieux payer chez les autres, résume l’un… On pressent ici le besoin d’une convention collective de la profession –ou quelque chose d’apporchant ?

 (Pilotes atelier 3 : Jean-Jacques LAURENT, FORCE et Sandrine WEHRLI, Déléguée Générale - CCI Entreprendre en France ; avec : Laure COUSSIRAT – COUSTERE, Directrice – Adie ; Raphaël HASSLER, Directeur - Boutique de Gestion de Lyon ; Joël SAINGRÉ, Chef du projet Incubateur - ADVANCIA – CCIP)

 (Pilote atelier 18 : Dominique MENTHA, APCE, avec : Sandrine WEHRLI (ACFCI Directrice Générale CCI Entreprendre Démarche qualité) ; Caroline THIEFFRY, RBG Directrice de la BG du Morbihan ; Martine BEAUDOUX, APCM Directrice Générale de la Chambre des Métiers de l’Isère ; Vincent LECORNE, Directeur Général adjoint SAJE Montréal)

 

 Évaluer l’action des réseaux : une nécessité reconnue par tous (Atelier 8)

La problématique est simple : les réseaux ont tous développé des démarches qualité ; mais les régions ne comprennent pas toujours l'utilité d'avoir en face d'elles plusieurs réseaux différents. Donc comment mettre en place des critères et des indicateurs communs qui démontrent l'impact de l’action des réseaux - autant en termes de contribution à la création d’emplois, à la création de richesses par les entrepreneurs, à l’inclusion sociale et professionnelle ?

 

 Les exposés consistaient de la part de deux représentants des régions (représentant la demande de prestations) à dire ce qu’ils veulent et comment ils souhaitent l’évaluer ; puis de deux représentants des réseaux (donc les représentants de l’offre de prestations) à dire ce qu’ils proposent, et comment et sur quoi ils souhaitent être évalués.

 Les exposés des contributeurs seront bientot ici.

 Simple ajout pour de Dominique Degois, qui n’avait pas de powerpoint sous la main : après avoir décrit la démarche de sa Chambre des métiers, il insiste sur le fait que les Régions devraient faire attention au « qui-fait-quoi » avec des critères plus quantitatifs. Ceci avec une pointe d’ironie dans le discours : c’est très bien de soutenir des réseaux qui, à grand frais, accompagnent quelques dizaines de porteurs de projet par an, et souvent des chômeurs. Mais les Chmabres des métiers de sa région assurent plusieurs milliers de créations par an, avec un taux de pérennité élevé. Donc il faut que les pouvoirs publics décident de leurs interventions avec des critères d’évaluation acceptables par tout le monde.

 (Pilote : Benoît Granger - Consultant - Rapporteur de l'instance d'évaluation des aides publiques aux TPE - Association MicFin, avec : Dominique DEGOIS - Chambre Régionale des Métiers de Bourgogne ; Françoise FURGET – France initiative Réseau ; Olivier RITZ - Directeur de l'économie, de l'économie sociale et solidaire et du tourisme - Conseil Régional de Bourgogne ; Franck SEELS - PRCTE Nord Pas de Calais)

 

Couveuses et coopératives d'activités et d'emplois : quelle place dans la chaîne de l'accompagnement ? (Atelier 2)

La question posée plus simplement est : quel type de projet (et à quel stade) faut-il renvoyer vers les couveuses ? l’outil est-il réservé à des profils spécifiques ? Et est-il accessible en fonction d’un état d’avancement précis (exemple : faut-il orienter vers une couveuse uniquement les projets ayant déjà fait des prévisions financières ?)

 L’autre question étant, bien entendu : comment s’articule le concept de couveuse avec le autres outils locaux d’accompagnement ?

 Les réponses ont été très diverses. Un point certain : les projets de couveuses sont nombreux, car l’outil semble prouver son efficacité, à partir des réalisations qui ont déjà quelques années d’expérience.

 Les boutiques de gestion semblent conserver un temps d’avance dans ce secteur : sachant que désormais, les projets en cours ne sont pas exclusivement issus de ce réseau ; loin s’en faut.

 (Pilote : Benoît GAILLARD, Consultant, avec : Françoise BENCZKOWSKI, DGEFP, Ministère de l'Emploi ; Béatrice PONCIN, Présidente du Réseau Copéa, gérante de coopérative en Savoie ; Jean-Pierre MARTIN, Président de l'Union des Couveuses ; Nabil M'RAD, Président du Réseau "Coopérer pour entreprendre", gérant de coopérative à Marseille)

 

Accompagner le développement après la phase de lancement (Atelier 5)

 Le nombre des créations d'entreprises augmenter en France ; mais qu’en est il de la pérennité et la capacité de développement de ces jeunes entreprises ? L’atelier présente plusieurs types de solutions, y compris le renforcement des moyens financiers liés à la croissance de l’exploitation.

 Le thème de l’atelier rejoint les résultats des études présentées en séances plénières : il y a une forte demande des entrepreneurs en matière de suivi. Tout n’est pas gagné dans la première année d’exploitation : c’est « le ressenti » des répondants. Et de fait, les analyses faites à partir de SINE montrent que les « échecs précoces » sont souvent liés à des erreurs de management qu’un bon suivi pourrait éviter.

 (pilote : Thierry DUJARDIN, Directeur du Réseau Nord Ouest OSEO bdpme ; avec : Véronique DELANNOY Nord Entreprendre ; Patrick DELSINNE, Ruches du Nord (pépinière d’entreprises - réseau Elan) ; Nadine DUVAUDIER, CRCI Bretagne ; David MOLIAN, Cranfield School of management ; Claude PINAULT, Délégué Régional OSEO anvar)

 

L'intrapreneuriat, vivier de méthodes innovantes pour accompagner les créateurs (Atelier 6)

 Que ce soit pour essaimer ou pour améliorer leurs performances, les grands groupes utilisent de plus en plus les techniques, des méthodes et un style managérial proches de l'entrepreneuriat. Cet "intrapreneurship" est devenu un vivier important d'innovations. Trois grands groupes nous ont fait partager leurs réflexions sur ces nouvelles clés de la réussite et évoquent les bases et les raisons de cette approche.

 (Pilote : Gilles COPIN - Délégué des Assises - EM Lyon, avec : Yvan BAUMANN – CEA ; Danièle CHEMIN - FRANCE TELECOM : Michel COSTER - Directeur EM LYON Centre des Entrepreneurs - Professeur d'Entrepreneuriat ; Patrice SIMOUNET - Association DIESE - AIR France)

 

 

Valoriser les compétences acquises en cas d’échec ou de renonciation au projet (Atelier 9)

 Voici la problématique proposée. Les porteurs de projet ne créent pas tous leur entreprise : deux projets sur trois n'aboutissent pas. D'autres, après création, enregistrent un échec précoce. Ces entrepreneurs potentiels ont pourtant mené une démarche de construction de projet qui leur a permis d'acquérir ou de révéler de nouvelles compétences. Que faire de cette expérience cumulée, comment aider la personne à rebondir en valorisant ce parcours?

 Voici le compte rendu fait par Benoît Willot sur son blog :

 Peut-on rebondir après avoir abandonné son projet de création d'entreprises ?

Lors des assises nationales de la création d'entreprises, à Lyon, un atelier, animé par Brigitte Ferry (réseau des Boutiques de gestion) a cherché comment valoriser les compétences acquises par les porteurs de projet, en cas d'échec ou de renonciation à la création envisagée.

Catherine Froehly a raconté l'expérience de la Boutique de gestion Espace, dans le Nord Pas de Calais, qui a mené une expérience de suivi de 25 ex-porteurs de projets. Elle a souligné qu'il avait fallu s'approprier des techniques d'aide à la recherche d'emploi, dont les conseiller n'étaient pas familiers. Leur recherche d'emploi est enrichie par leur démarche initiale, qui leur a ouvert de nouveaux réseaux.

 Monique Deblignieres; de la direction générale de l'Anpe a souligné que 70% des personnes qui bénéficient d'une évaluation préalable à la création d'entreprises ne créent pas. Mais, en ayant une démarche projets, on a une confrontation à la réalité. Cela permet de se positionner en tant que offreur de services.

 Ludovic Noël, CCI Lyon, a rendu compte d'une enquête franco-suisse sur une quinzaine d’entrepreneurs qui ont arrêté. Il y a un choc : un « business blues ». Aucun ne se repositionne sur la création, mais des manières de se comporter intéressent les repreneurs. Mais tous ont envie de créer, et se sont souvent positionnés comme intrapreneurs.

Aux États Unis, des investisseurs se positionnent sur des candidats qui ont déjà connu un échec ; il faut les repérer, les mettre en veille.

 Benoit Willot a conclu les débats en formulant certaines propositions. Au cours d'un parcours, il doit y avoir un seul projet de vie, mais plusieurs solutions d'emploi.

Trois pistes sont à explorer pour valoriser les parcours des porteurs de projets :

- une prestations évaluant les compétences plus que les connaissances d'un métier (l'Anpe s'est dite prête à faire évoluer ses propres prestations dans ce sens) ;

- un regard d’experts sur les projets, qui permette aux porteur de projet de valider la démarche qu'il avait eue et de la transférer dans d'autres cadres ;

- un renforcement des outils de travail en réseau, pour améliorer l'efficacité de la recherche d'emploi.

 (Pilote : Brigitte FERRY, Déléguée Générale - Réseau des Boutiques de Gestion ; Ludovic NOEL, Responsable CEEI Novacité - Lyon - CCI DE LYON ; Brigitte PUJOL, Conseiller Technique - Direction Générale ANPE ; Xavier RICHARD, Directeur - DROME ARDECHE ENTREPRENDRE ; Benoit WILLOT, Directeur – CIME)

 

 

 

 

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Commentaires

willot - le 20-06-05 à 14:54 - #

Rectificatif sur la liste des participants :

- pour l'Anpe, il s'agit de Monique Deblignères (comme mentionné dans le texte) ;

- il n'y avait personne de Drôme Ardèche Entreprendre, mais Catherine Froehly représentait la Boutique de gestion Espace (Nord Pas de Calais)


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