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Assises - 1ère partie : en avant pour 2006, conclut Hugues Sibille

Une premier compte rendu des Assises de la création (Lyon, 14 et 15 juin). Partiel et partial, mais rapide. Revenez demain pour la suite !

Publié par ProfCre, le Vendredi 17 Juin 2005, 09:41.

dans : Actus Réseaux.

Voici la tribune finale, et d'ailleurs commençons par la fin, car c’est alors que l’on hésite entre le succès et le triomphe. En un an, les Assises de la création d’entreprise ont plus que doublé le nombre de participants ; et les sujets abordés, à écouter les commentaires dans les couloirs, sont bien ceux qui correspondent aux demandes et aux besoins des professionnels. Hugues Sibille, concepteur de ces Assises pour la CDC, concluait en remerciant son complice Xavier Kergall, toute l’équipe du Conseil scientifique, et « les pilotes » qui avaient animé les 20 ateliers. Il constatait que la seconde édition étant un succès avéré, il était urgent de réunir le comité de pilotage de la troisième, l’édition 2006. « Dès ce mois de Juillet, de préférence ! », a-t-il ajouté à la tribune.

 Voilà sans doute l’enjeu d’Assises comme celles ci : progresser rapidement. Une profession s’invente et se définit. Les « anciens » font part de leur expérience ; et on se traitait mutuellement « de dinosaures » dans les couloirs quand on s’était connus à la fin des années 70. Au temps « de la préhistoire » des réseaux d’accompagnement.

 Le chemin parcouru ? Il est visible –il est même spectaculaire au sein des 20 ateliers qui composaient l’essentiel des Assises, à la fois rendez vous de professionnels et studieuses salles de classe pour ceux qui débutent dans ce métier sans contours ni frontières ; sans université ni convention collective…

 C’est pourquoi on concentrera les compte rendus qui suivent sur quelques ateliers. Ils étaient tous intéressants mais nos moyens étaient limités. Il ont été affectés arbitrairement à une bonne moitié des vingt ateliers. Pour en savoir plus sur les autres, il faudra attendre les Actes officiels !

 Les domaines de consensus entre têtes de réseaux s’affirment

 Pour terminer les Assises, une sorte de piège raffiné avait été organisé pour les réseaux de la création d’entreprises. Tous leurs président(e)s étaient rassemblés à la tribune pour une séance finale. On leur montrait les résultats d’une étude sur l’accompagnement, et ils devaient commenter « en direct », devant les 800 professionnels ayant participé aux deux jours de travaux.

 Ils s’en sont bien tirés pour l’essentiel. Même si, à la marge, les réseaux n’ont pas toujours une position unanime sur les questions traitées. Par exemple, il est probable que la position exprimée à la tribune par André Marcon, président de CCI – Entreprendre en France, n’a pas enchanté son voisin Alain Griset, président des Chambres des métiers. En effet, il expliquait que les créateurs « sont zappeurs ». Ils "demandent de l’appui, mais ils ne veulent pas de produits standardisés" ; ils ne veulent pas de formations obligatoires et collectives : ils veulent du sur-mesure. Oui, mais les chambres des métiers estiment que les stages obligatoires d’initiation à la gestion sont indispensables dans de nombreux métiers aux contenus techniques très particuliers.

 Autre sujet : les financements publics. Il est clair pour tous qu’ils continueront de jouer un rôle déterminant dans l’accompagnement, donc dans les bonne conditions de lancement de nouvelles entreprises. L’innovation majeure dans ce secteur est la possibilité de faire prendre en charge une part de l’accompagnement par les fonds de la formation professionnelle… mais ce n’est pas gagné ! les gestionnaires de ces fond ne paraissent pas ravis de devoir partager !

 Les « têtes de réseaux » accordent à cette question une priorité différente selon les cas. Pour Laurent Degroote, président de la fédération FORCE, mais surtout au titre du Réseau Entreprendre, c’est l’action bénévole des chefs d’entreprise qui reste déterminante. Pour Christiane Lecocq, présidente du réseau des boutiques de gestion, « la diffusion des aides publiques doit être accompagnée », c'est à dire prise en main par les réseaux pour en assurer une diffusion pertinente et efficace (elle citait en appui à cette analyse le rapport d’évaluation sur « Les aides publiques aux TPE », récemment mis en ligne sur le site de la Documentation française)

 Etude : ce que disent les créateurs de leurs accompagnateurs (une étude GMV – Opus 3)

 Michel de Sahb, consultant qui dirige le cabinet Opus 3, est venu à la tribune présenter les conclusions d’une étude faite pour Oséo. L’apport de cette étude est important, car elle vient confirmer d’autres sources : l’accompagnement a un impact, c’est évident, sur les projets. Mais les formes de l’accompagnement de projets sont diverses ; et la part des « professionnels dédiés » (donc ceux qui étaient présents aux Assises) reste minoritaire. Même si les progrès sont sensibles.

 L’intérêt de l’étude est de réinterroger les mêmes, à trois ans de distance. Il s’agit d’entreprises créées en 2000-2001, interrogées en 2002 (les résultats ont été publiés dans la revue de l'ADPME) ; que l’on réinterroge (pour 500 d’entre elles) en 2005.

 On leur demandait en 2002 s’ils avaient été accompagnés et par qui. Par des accompagnateurs dédiés ? par des professionnels (non-spécialistes de la création d’entreprise) ? par leur entourage professionnel( ancien client, fournisseur, ancien employeur) ? par leur entourage familial ?

 Trois ans après, l’influence de l’entourage familial reste perçu comme déterminant : on sait que, globalement la création d’entreprise reste un phénomène endogène. Mais la part des « professionnels dédiés » augmente. Et surtout, ils continuent d’être cités, trois ans après, par les créateurs devenus chefs d’entreprises comme ayant eu une influence positive sur les conditions de leur démarrage. « Les réseaux », donc, pour faire court, ont débroussaillé à la machette un univers de procédures, de formalités, d’outils à connaître. Les entrepreneurs expriment à la fois une sorte de gratitude discrète ; mais aussi une reconnaissance plus profonde. Les réseaux leur ont servi à pénétrer un univers hostile, inconnu, ou les codes et même « la culture » propre, les valeurs doivent faire l’objet d’apprentissage.

 Didier Havette, d’Oséo, annonçait que cette étude serait publiée « avant la fin de l’année » par la revue « Regards sur les PME » de l’agence pour les PME : espérons que nous aurons des résultats détaillés plus rapidement !

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